Comment l'exigence et le perfectionnisme peuvent mener à l'épuisement, voire au burn-out ?

Dans cet article, je vous propose de porter un regard bienveillant sur l’épuisement et le burn-out. Après avoir rappelé ce qu’est le burn-out, je l’aborde sous l’angle de ses manifestations puis de ses causes profondes, et donc de ses voies de transformation intérieure. 

Autant de chemins possibles (et non limitatifs) vers un mieux-être à vous-même, que vous pouvez notamment venir parcourir en séance.  

Quelques notions clés relatives au burn-out

Aussi appelé épuisement professionnel ou épuisement au travail, le burn-out est défini par l’Organisation Mondiale de la Santé comme « un état de fatigue intense, qui entraîne une perte de contrôle et une incapacité à produire des résultats jugés satisfaisant».

La définition même du burn-out pose question, car en utilisant les termes de « contrôle » et de « résultats (…) satisfaisants », elle renvoie à des notions de performance, d’exigence, de rendement. Associées au « contrôle », on flirte vite avec :

  • le perfectionnisme,
  • un contrôle excessif de nos actions quotidiennes (et de nos émotions),
  • et un état de « faire » qui s’éloigne de plus en plus de l’état « d’être ».

Je suis d’ailleurs étonnée que la définition de l’OMS aborde le burn-out sous le spectre des conséquences professionnelles… avant même de poser ce qu’il se passe pour la personne qui est en état de burn-out. « Fatigue intense » est un euphémisme en cas de burn-out. D’autant plus lorsque la traduction littérale du mot « burn-out » est « griller »… comme quand nos réserves d’énergie sont brûlées, consumées, et réduites à un tas de cendres.

Sociétalement, le burn-out ne cesse de se répandre, encore plus depuis la pandémie de COVID en 2020. Les chiffres sont préoccupants selon plusieurs organismes : en résumé (vous trouverez le détail en fin d’article) 40% des salariés français déclarent être en souffrance ou soumis à un stress au travail élevé et 3.2 millions d’actifs présentent un risque d’épuisement sévère. La France étant un des pays européens les plus touchés par le burn-out (7% des travailleurs), à égalité avec le Royaume Uni.

L’état des lieux est donc plutôt alarmant et impacte de façon significative non seulement la vie professionnelle des personnes concernées, mais aussi et surtout leur vie personnelle, sociale et familiale.

Le symptôme des « résultats insuffisants » n’est que la partie émergée de l’iceberg : celle qui impacte le fonctionnement des entreprises, les performances professionnelles et autres indicateurs d’activité.

Mais qu’en est-il des autres symptômes ? ceux moins visibles, parce que parfois vécus (à tort) comme honteux, ou comme marque de faiblesse ? Alors que nous devrions les considérer pour ce qu’ils sont : c’est-à-dire une force colossale déployée depuis de nombreuses années, une résistance à toute épreuve, une abnégation et un déni de soi-même. Et au final, un signal qui demande de revenir à soi, non pas de façon égoïste, mais parce qu’il s’agit d’un besoin vital. 

Le burn-out vécu de l’intérieur

Plus qu’un état de fatigue intense, le burn-out est un état d’épuisement intérieur, d’effondrement et d’absence d’énergie vitale. Un jour, le corps dit « stop ». Il ne peut plus avancer et n’a plus suffisamment de pourcentage de batterie disponible pour continuer à vivre son quotidien. 

Cela peut se manifester physiquement comme une impossibilité à accomplir les actes les plus simples du quotidien (prendre une douche, manger, tenir une conversation plus de quelques minutes). 

Et/ou comme un brouillard mental très dense. Il rend inaccessible toute réflexion intellectuelle, anéantit notre capacité à se concentrer ou à mémoriser, et donne la sensation de se noyer dans un marasme sans fin. 

Enfin, nos protections intérieures sont activées à leur pleine puissance. Elles nous coupent structurellement de nos émotions, et de nos perceptions physiques. Ou à l’inverse, elles lâchent toutes subitement, nous exposant à un tsunami émotionnel.

Accueillir cet état d’épuisement n’est pas simple et peut nécessiter d’être accompagné.e dans un cadre bienveillant, et surtout respectueux du rythme personnel

Se sentir dépossédé.e de son propre corps et de ses capacités mentales ; ne plus avoir la possibilité de passer à l’action ; ne pas comprendre les vagues qui nous traversent. Tout cela peut être profondément perturbant et de nombreuses résistances peuvent se manifester, accentuant la fatigue déjà présente. 

Une prise en charge douce, compréhensive et enveloppante permet alors de déposer le trop-plein et les incompréhensions. Et de s’autoriser, jour après jour, à vivre et traverser cette étape de vie plutôt que la subir

Un burn-out impacte évidemment fortement les interactions avec l’extérieur, à commencer par les personnes les plus proches de notre foyer. Insensibles ou hypersensibles, épuisés et incapables de subvenir à nos propres besoins essentiels, être présent à autrui (les enfants notamment) devient vite une épreuve de chaque instant.

Et c’est à ce moment qu’une certaine culpabilité peut se manifester et s’ajouter à l’état de mal-être profond. Se sentir coupable de ne « plus pouvoir », de ne « plus être capable » de faire ce que l’on faisait précédemment est une ultime réminiscence de notre exigence personnelle (ou professionnelle). Elle vient de nouveau toquer à la porte, alors même qu’elle a conduit à notre propre effondrement…

Le burn-out et ses manifestations

Atteindre un tel état d’épuisement et d’effondrement intérieur est souvent le résultat d’un processus installé sur le long terme, et qui combine plusieurs facteurs.

Car on « fait » rarement un burn-out du jour au lendemain ; il a souvent (toujours) été précédé de nombreux signaux d’alerte, qui ont été ignorés. Ou vus, mais sans être suffisamment écoutés, et pris au sérieux.

  • Parce que « oui je suis fatigué, mais ça va passer »,
  • « Non, je ne peux pas m’arrêter de travailler en ce moment, on est déjà en sous-effectif »,
  • « Oh c’est juste un petit coup de fatigue, je suis sur un gros dossier actuellement »,
  • « Oui un arrêt me ferait du bien, mais ce n’est pas le moment, et puis que vont dire mes collègues ? »,
  • « Oui c’est compliqué mais je dois tenir pour untel ou pour telle raison »…

Ces petites phrases vous parlent ? vous les dites vous-même ou vous entendez régulièrement un proche les prononcer ?

Elles ne sont pas à prendre à la légère car :

  • Non, le burn-out n’arrive pas « qu’aux autres ».
  • Oui le burn-out peut être latent pendant plusieurs mois voire années, et plus on attend pour le prendre en charge et opérer les changements nécessaires, plus le rétablissement et la convalescence sera longue (et je parle en connaissances de cause).
  • Oui, les signes avant-coureurs peuvent être entendus et écoutés dès lors que l’on est un peu attentif à soi.

Ces signes avant-coureurs peuvent être subtils, ou parfois flagrants mais considérés comme une fatalité, ou une habitude :  

  • une blessure ou un accident qui vous met « de force » à l’arrêt pendant une quinzaine de jours (ou un peu plus, juste pour vous montrer qu’un peu de repos est salvateur, mais nettement insuffisant) ;
  • des états émotionnels de plus en plus instables et envahissants ;
  • un sommeil perturbé, qui ne suffit plus à vous régénérer et vous reposer même quand vous passez une bonne nuit ;
  • des comportements parfois excessifs et/ou destructeurs (soirées et sorties à répétition, consommation d’alcools ou stupéfiants, troubles du comportement alimentaire, etc. sont autant de fuites possibles).

Attention, tous ces symptômes sont des exemples que j’ai personnellement rencontrés. Ils ne suffisent pas à eux seuls à diagnostiquer un burn-out (seul un médecin est habilité à poser ce diagnostic) et il en existe d’autres. En cas de doutes, prenez le temps de consulter votre médecin !

Le burn-out et ses causes profondes

Mon propos n’est pas ici de parler des causes sociétales, structurellement installées dans le monde professionnel et parfois combinées à d’autres facteurs tels que l’égalité homme-femme, les diverses discriminations, ou la charge mentale qui peut peser sur les épaules des parents solos.

Je souhaite plutôt vous partager mon point de vue sur nos causes internes, celles qui nous appartiennent, et donc sur lesquelles nous pouvons agir. Et ça, c’est plutôt une (très) bonne nouvelle, non ?

Nous vivons dans une société du « faire » : toujours plus et toujours mieux, avec bien souvent une notion de comparaison. A ses parents, aux membres de sa famille, à ses amis, à ses collègues.

A cela, viennent s’ajouter des éléments de construction individuelle :

  • l’éducation parentale qui poussait à avoir la meilleure note (et qui nous faisait croire que sans, nous ne serions plus autant aimés) ;
  • des projections parentales qui nous collent à la peau, parce qu’ils nous voyaient médecin, avocat ou ingénieur et que nous croyons ne pas être à la hauteur de leurs attentes ;
  • un sentiment d’insécurité intérieure qui nous conduit à vouloir contrôler le monde extérieur ;
  • la conviction profonde (souvent inconsciente) que nous ne valons rien si nous ne sommes pas parfait ou si nous ne faisons pas les choses parfaitement ;
  • nos émotions que nous avons enfermées et cadenassées dans un bunker intérieur, parfois pour s’en protéger soi-même, ou pour ne pas déranger le monde extérieur avec nos états d’âme ;
  • un rythme personnel qui a été oublié et nié au profit d’un rythme social/familial/professionnel ;
  • la croyance (héritée, ou construite dans l’enfance) que nous n’avons pas le droit de se faire plaisir, en prenant du temps pour soi ; 
  • une tendance à faire passer ses propres besoins après tous ceux des autres (enfants, conjoints, collègues, etc…) et un comportement sacrificiel qui conduit à nous oublier ;
  • une difficulté à dire non à l’autre, révélatrice d’une incapacité à se dire oui à soi-même ;
  • une difficulté à poser des limites, et surtout à les faire respecter ;
  • la croyance de « ne pas avoir le choix de continuer comme nous l’avons toujours fait », pour autant de raisons toutes aussi valables les unes que les autres. Jusqu’au jour, où effectivement, nous n’avons plus le choix, celui de faire différemment, mais dans la douleur.

Vous l’aurez compris, les causes sont multiples et pourtant elles tournent autour d’une notion commune : celle de toujours vouloir faire plus ou mieux, au détriment de soi-même. 

Le ou la perfectionniste est défini.e par le Dictionnaire Le Robert, comme « la personne qui cherche la perfection dans ce qu’elle fait, et qui fignole (à l’excès) son travail. »

Ou quand le perfectionnisme parle en lui-même d’un déséquilibre, d’un « trop ». C’est ce « trop » qui fait sombrer, car il consomme une énergie colossale en nous demandant d’en faire toujours plus.

Alors comment s’en détacher progressivement ? 

Au-delà de la prise de conscience, qui est un premier pas indispensable mais rarement suffisant, un travail de fond est nécessaire. Le repos va également permettre de recharger les batteries, et cela peut prendre plusieurs mois voire années. 

Mais l’enjeu principal est de ne pas reproduire les schémas qui ont conduit au burn-out. Et donc de se proposer autre chose, en opérant les changements indispensables à la construction d’un nouvel équilibre personnel. 

C’est tout le travail qui peut être réalisé grâce à un accompagnement personnalisé, permettant d’abord de déconstruire en douceur les mécanismes délétères, puis de mettre en place une nouvelle dynamique davantage en accord avec soi-même. Ce travail personnel peut notamment permettre de :

  • Abandonner d’anciennes croyances qui ne sont plus adaptées et s’en proposer de nouvelles ;
  • Construire un nouveau socle de sécurité intérieure ;
  • Porter un regard différent sur nos mécanismes et habitudes en lien avec le « faire » ;
  • S’autoriser à ressentir ses limites, à les exprimer et à les faire respecter ;
  • Accueillir ses émotions pour éviter qu’elles viennent entraver la circulation de son énergie vitale ;
  • Faire évoluer et tomber nos protections si énergivores ; 
  • Se reconnecter à son énergie de vie.  

Autant de pistes possibles à explorer pour chacun, certaines pouvant être bloquées par d’autres. 

L’accompagnement permet de dépasser les résistances qui se manifestent au-delà des compréhensions et des prises de conscience individuelles. Celles qui nous échappent car elles font partie de nous et que nous ignorons qu’il est possible de fonctionner différemment. 

Plus l’accompagnement est mis en place de façon précoce (qu’il soit médical, médicamenteux ou dans une approche préventive), plus il sera bénéfique à court terme. 

A l’inverse, un état de burn-out déclaré et installé peut demander plusieurs mois (voire années) de reconstruction. Car il nécessite des changements en profondeur, des déconstructions et des remises en question, qui sont les étapes préalables à une renaissance intérieure

C’est le chemin que j’ai parcouru depuis bientôt 4 ans et que je vous invite à parcourir pour vous-même. Pour vous proposer une vie qui vous convient, qui est en adéquation avec vos valeurs profondes et qui n’est plus soumise à vos mécanismes inconscients. 

Le burn-out peut être subi et vécu comme un drame personnel, un échec. 

Il peut aussi se colorer d’espoir, d’opportunités, de renouveau lorsqu’on le transforme en ouverture sur soi-même et sur le monde, et en chance de reprendre sa vie en main.

Liens internes : 

Que ce soit en soin énergétique, ou en hypnose, un accompagnement « préventif » est possible. 

Je vous propose également un programme dédié à l’accompagnement du burn-out « Renaître à soi », lorsque celui-ci est déclaré. 

Je suis disponible pour un échange téléphonique pour tout renseignement sur la prestation la plus adaptée à votre situation actuelle. 

Exigence et Perfectionnisme - Burn out

Détail des chiffres :

Source MEDADOM :

  • Selon l’Institut de Veille Sanitaire, 480 000 personnes en France sont concernées par un état de souffrance au travail dont 7% (soit environ 30 000 individus) seraient spécifiquement touchées par le burn-out.
  • D’après le baromètre Igition Program (17/01/2023), 40% des salariés en France déclarent être en souffrance ou soumis à un stress au travail élevé.
  • Le baromètre 2023 du Cabinet Empreinte Humaine (OpinionWay) estime que 2.5 millions d’actifs représentent un risque d’épuisement sévère.
  • Selon le Cabinet Technologia, 3.2 millions d’actifs présent un risque d’épuisement sévère.
  • Une étude du Forum of Future en 2023 classe la France parmi les pays européens les plus touchés par le burn-out professionnel, à égalité avec le Royaume-Uni.

Egalement, un test lancé en avril 2023, visant à mesurer l’épuisement physique et mental, les difficultés psychiques et la distance émotionnelle au travail a attiré 2000 volontaires. Les résultats sont édifiants :

  • 51% des participants rapportent un état d’épuisement physique important,
  • 40% éprouvent des difficultés à maintenir des relations avec leurs collègues ou à faire preuve de confiance et d’empathie,
  • 40% de sentent désengagés ou envisagent fréquemment de quitter leur emploi.